Le moins que l'on puisse dire, c'est que Chirac ressort politiquement, et on peut assurer qu'il s'engage politiquement pour le Liban, un bon point! L'interview accordé au Monde atteste de la simplicité mais de la complexité à réaliser une nation, politique, ce que les libanais devront prendre conscience : "Tous les Libanais, qui sont un très vieux peuple, une vieille
civilisation, qui a surmonté au cours de l'histoire toutes les épreuves
possibles, y compris leur propension à se disputer, doivent comprendre
qu'il n'y a pas d'Etat stable, démocratique, tel qu'ils le souhaitent,
si l'autorité du gouvernement ne s'exerce pas sur l'ensemble du
territoire".
Avec des dispositions techniques via l'ONU, l'enjeu pour le Liban, c'est le fait de devoir plébiciter son unité dans une structure ferme, ce que Chirac prévient : "Cela implique un retrait du Hezbollah du sud du Liban, un accord sur
les fermes de Chebaa et un accord sur un échange de prisonniers,
notamment un retour de prisonniers libanais qui se trouvent
actuellement en Israël. Tout cela avec ensuite, en appui, une force
multinationale pour s'assurer la mise en œuvre de l'ensemble de ces
dispositions".
La question du Hezbollah est tout à fait intéressante, elle est de faire de cette instance, qui a aussi une situation politique au sein du Liban, un groupe politique assis : "Le Hezbollah, désarmé, a vocation à être une force politique au Liban".
Mais d'autre part "Pour la France, l'OTAN n'a pas vocation à mettre sur pied une telle force. Pour des raisons techniques, mais aussi pour des raisons politiques, l'OTAN n'est pas faite pour ce genre d'intervention. L'OTAN est perçue, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions, et, par conséquent, en termes d'image, l'OTAN n'a pas vocation à cela". Une présence internationale peut se faire sur la base de "nations qui sont volontaires pour constituer une force internationale de cette nature. On peut en trouver un certain nombre, j'en suis sûr". L'OTAN reste possible si aucune autre situation ou accord se fait : "je crois comprendre qu'au fond les Etats-Unis, à défaut d'une solution plus efficace, plus rapide ou meilleure, ne verraient que des avantages, ou pas d'autre solution que l'intervention de l'OTAN, c'est-à-dire, en clair, de la Force de réaction de l'OTAN (NRF) qui serait commandée par l'état-major du corps européen composé de l'Allemagne, la France, la Belgique et l'Espagne".
Le président à longuement parlé de l'Iran, la Syrie, l'Irak. Le syrie semble pour l'heure un partenaire qui échappe à tout dialogue : "le régime incarné par Bachar Al-Assad me paraissait difficilement compatible avec la sécurité et la paix". A ce niveau, Chirac est sans complaisance pour ce pays.









